Un syndicalisme fondé sur
La solidarité, la démocratie et l’émancipation
La CGT est une organisation syndicale qui a pour objectif de défendre les intérêts des salarié·es, de construire des droits collectifs et de participer à la transformation de la société. Ses valeurs et ses principes sont inscrits dans ses statuts. Ils s’appuient notamment sur l’indépendance syndicale, la démocratie, la solidarité, l’égalité et la justice sociale. La CGT affirme également son attachement aux libertés, à la lutte contre toutes les discriminations, à l’égalité entre les femmes et les hommes, aux droits syndicaux, à la défense de l’environnement, à la paix et à la solidarité internationale.
La solidarité
La CGT considère que les salarié·es ont des intérêts communs et que leur capacité à s’organiser collectivement constitue leur principale force. La solidarité permet de dépasser les différences de métiers, de statuts, de secteurs ou de générations. Elle permet notamment de ne pas laisser seul·e un·e salarié·e confronté·e à une difficulté et de transformer les problèmes individuels en revendications collectives.
L’égalité
La CGT défend l’égalité entre toutes et tous et combat les discriminations sous toutes leurs formes. L’égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre le racisme, les discriminations liées à l’origine, à l’âge, au handicap ou à la situation professionnelle font partie intégrante de son action. Pour la CGT, les différences ne doivent pas servir à diviser les salarié·es ou à justifier des droits différents.
La démocratie syndicale
La CGT se définit comme une organisation démocratique. Les syndiqué·es sont égaux, libres et responsables et doivent pouvoir participer aux débats, être informé·es, se former et prendre part aux décisions qui concernent l’orientation et l’action syndicales. La démocratie syndicale ne consiste donc pas simplement à voter. Elle suppose que les salarié·es puissent être acteurs et actrices de leur syndicat, de leurs revendications et de leurs luttes.
L’indépendance syndicale
L’indépendance est un principe fondamental de la CGT. Le syndicat agit de manière autonome à l’égard du patronat, des gouvernements, des pouvoirs publics, des partis politiques, des organisations religieuses ou philosophiques. Cette indépendance permet au syndicat de déterminer lui-même ses revendications, ses positions et ses actions. Cette indépendance ne signifie pas l’indifférence aux choix politiques ou sociaux qui concernent les salarié·es. Elle signifie que le syndicat décide lui-même de son action à partir des intérêts des travailleurs et travailleuses.
La justice sociale
La CGT défend une société fondée sur davantage d’égalité et de justice. Cela passe notamment par l’amélioration des salaires, de l’emploi, des conditions de travail, de la protection sociale, des services publics et des droits collectifs. Elle considère que les richesses produites par le travail doivent être mieux réparties et que les salarié·es doivent pouvoir vivre dignement de leur travail.
L’émancipation
Pour la CGT, le syndicalisme ne consiste pas uniquement à obtenir des améliorations ponctuelles.
Il doit aussi permettre aux salarié·es de comprendre les mécanismes économiques et sociaux, de s’organiser, de décider et d’agir collectivement. Cette volonté d’émancipation est directement liée à l’histoire du syndicalisme et à la conception portée par la Charte d’Amiens.
LA CHARTE
D’AMIENS
Un texte fondateur du syndicalisme français
La Charte d’Amiens est adoptée en 1906, lors du IXe Congrès de la CGT, qui se tient à Amiens du 8 au 16 octobre. Elle constitue l’un des textes fondamentaux de l’histoire de la CGT et reste aujourd’hui une référence de ses principes. Son importance tient notamment à trois principes majeurs.
L’indépendance du syndicat
La Charte affirme l’indépendance de l’action syndicale à l’égard des partis politiques, de l’État et du patronat. Le syndicat doit pouvoir construire ses propres revendications et décider de son action en fonction des intérêts des travailleurs. La Charte affirme également la liberté des syndiqué·es de participer, à titre individuel, aux formes d’action politique ou philosophique de leur choix, sans transformer le syndicat en organisation politique.
Défendre les intérêts immédiats
La Charte définit une première mission du syndicalisme : améliorer immédiatement les conditions de vie et de travail. Elle cite notamment la diminution du temps de travail et l’augmentation des salaires. Cette dimension reste au cœur de l’action syndicale : défendre un salaire, empêcher une suppression de poste, améliorer les conditions de travail, obtenir de nouveaux droits ou s’opposer à une dégradation sont des combats syndicaux à part entière.
Transformer la société
Mais la Charte d’Amiens ne limite pas le syndicalisme à la défense du quotidien. Elle affirme une seconde dimension : le syndicalisme doit également préparer l’émancipation des travailleurs et travailleuses et la transformation de la société.
C’est ce que la CGT appelle aujourd’hui la « double besogne » : agir pour les revendications immédiates tout en portant une ambition de transformation sociale.
Autrement dit : défendre ce qui améliore la vie des salarié·es aujourd’hui, tout en agissant pour changer ce qui produit les inégalités et l’exploitation.
La « double besogne »
Cette conception reste importante pour comprendre le syndicalisme CGT. Il ne s’agit pas de choisir entre « les petits problèmes du quotidien » et les grandes transformations de société. Une augmentation de salaire, une réduction de la charge de travail, la défense d’un emploi ou l’amélioration des conditions de travail sont des revendications immédiates. Mais ces combats peuvent également poser des questions plus larges : qui décide dans l’entreprise ? Qui bénéficie des richesses produites ? Quelle place donne-t-on au travailleur et à la travailleuse dans les décisions ? Quelle société voulons-nous construire ?
La CGT revendique ainsi un syndicalisme qui agit à la fois sur le présent et sur l’avenir. L’Institut CGT d’histoire sociale rappelle que la Charte d’Amiens associait précisément la défense quotidienne des salarié·es à une perspective d’émancipation et de transformation sociale.
Un héritage toujours actuel
La société et le monde du travail ont profondément changé depuis 1906. Les formes d’emploi, les métiers, les entreprises, les technologies et les rapports sociaux ne sont plus les mêmes. Mais plusieurs questions restent profondément actuelles :
- Comment défendre collectivement les salarié·es ?
- Comment garantir leur indépendance face au patronat et aux pouvoirs publics ?
- Comment permettre aux travailleurs et travailleuses de décider collectivement de leurs revendications et de leurs luttes ?
- Comment améliorer immédiatement les conditions de vie et de travail tout en construisant une société plus juste ?
La Charte d’Amiens reste ainsi un repère historique et politique du syndicalisme CGT, tandis que ses statuts actuels actualisent et prolongent ces principes autour de la démocratie, de l’indépendance, de la solidarité, de l’égalité et de la transformation sociale.
Pour aller plus loin :
Les statuts de la CGT – site officiel
La Charte d’Amiens – Institut CGT d’histoire sociale
La Charte d’Amiens – texte intégral
